Le Président de la République : élection, rôle et pouvoirs
Le Président de la République occupe la première place de l'État français. À l'examen civique, les questions qui le concernent tournent presque toujours autour de trois points : comment il est élu, pour combien de temps, et ce qu'il peut décider sans l'accord de personne. Reprenons ces règles une par une, avec les articles de la Constitution qui les fixent.
La Ve République, un président au premier plan
La Constitution du 4 octobre 1958 ouvre la Ve République, celle qui est toujours en vigueur aujourd'hui. Elle a été adoptée par référendum le 28 septembre 1958, dans le contexte de la guerre d'Algérie et de l'effondrement des institutions de la IVe République. Charles de Gaulle en est le premier président et entre en fonction le 8 janvier 1959.
Le changement par rapport aux républiques précédentes est net. Sous la IIIe et la IVe République, le chef de l'État inaugurait et signait. Depuis 1958, l'article 5 lui confie un rôle d'arbitre : il veille au respect de la Constitution et au fonctionnement régulier des pouvoirs publics. Beaucoup de candidats à l'examen confondent encore le président et le Premier ministre. Retenez la ligne de partage : le président incarne l'État et fixe le cap, le Premier ministre dirige l'action du gouvernement au quotidien.
Une élection au suffrage universel direct depuis 1962
Ce n'était pas le cas au départ. En 1958, le président était élu par un collège d'environ 80 000 élus locaux et parlementaires. Le référendum du 28 octobre 1962 change la règle : désormais, ce sont tous les électeurs inscrits qui votent. La première application a lieu lors du scrutin de décembre 1965.
Le scrutin à deux tours
L'élection se déroule au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Pour être élu dès le premier tour, un candidat doit réunir la majorité absolue des suffrages exprimés, ce qui n'est jamais arrivé sous la Ve République. Sinon, un second tour a lieu quinze jours plus tard entre les deux candidats arrivés en tête. Pour se présenter, il faut réunir 500 parrainages d'élus, et être âgé d'au moins 18 ans.
Cinq ans, deux mandats consécutifs au maximum
Le mandat a duré sept ans jusqu'en 2000. Le référendum du 24 septembre 2000 institue le quinquennat, appliqué pour la première fois à l'élection de 2002. La révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 ajoute une limite : « Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. » Attention au mot « consécutifs ». L'interdiction vise l'enchaînement de trois mandats à la suite, pas le total d'une carrière.
Ce que le président décide seul
Certaines décisions ne demandent la signature de personne d'autre. On les appelle les pouvoirs propres. Les principales :
- Nommer le Premier ministre (article 8). Il met aussi fin à ses fonctions quand celui-ci présente la démission du gouvernement.
- Dissoudre l'Assemblée nationale (article 12), après consultation du Premier ministre et des présidents des deux assemblées. De nouvelles élections législatives ont lieu entre vingt et quarante jours plus tard. Aucune nouvelle dissolution n'est possible dans l'année qui suit.
- Soumettre un texte au référendum (article 11), sur proposition du gouvernement ou des deux assemblées.
- Saisir le Conseil constitutionnel et en nommer trois membres, dont le président.
- Recourir à l'article 16 en cas de crise majeure.
Les autres actes exigent un contreseing, c'est-à-dire la signature du Premier ministre et, le cas échéant, des ministres concernés. Il préside le conseil des ministres (article 9), qui se réunit à l'Élysée. Il est chef des armées (article 15). Il négocie et ratifie les traités, accrédite les ambassadeurs. Il dispose du droit de grâce à titre individuel (article 17).
La promulgation des lois
Le Parlement vote la loi, le président la promulgue. L'article 10 lui donne quinze jours à compter de la transmission du texte adopté. Promulguer, ce n'est pas voter : c'est constater officiellement que la loi existe et ordonner son application. Le président ne peut pas refuser de signer, mais il peut demander au Parlement une nouvelle délibération du texte, et cette demande ne peut pas lui être refusée. Il peut aussi saisir le Conseil constitutionnel avant la promulgation.
L'article 16, une exception rarement employée
L'article 16 permet au président de prendre des mesures exceptionnelles lorsque deux conditions sont réunies en même temps : une menace grave et immédiate pèse sur les institutions, l'indépendance de la nation, l'intégrité du territoire ou l'exécution des engagements internationaux, et le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu. Il doit consulter le Premier ministre, les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, ainsi que le Conseil constitutionnel. Pendant cette période, le Parlement se réunit de plein droit et l'Assemblée nationale ne peut pas être dissoute. Un seul président y a eu recours : Charles de Gaulle, en 1961, après le putsch des généraux à Alger.
L'Élysée, une adresse qui tombe souvent à l'examen
Le palais de l'Élysée, 55 rue du Faubourg-Saint-Honoré dans le 8e arrondissement de Paris, est la résidence officielle du chef de l'État depuis 1848. C'est là que se tient le conseil des ministres et que sont reçus les chefs d'État étrangers. Ne le confondez pas avec Matignon, résidence du Premier ministre, ni avec le Palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale. Ces trois adresses reviennent régulièrement dans les questions de connaissance.
Questions types de l'examen
1. Depuis quelle année le Président de la République est-il élu au suffrage universel direct ?
- 1958
- 1962
- 1981
- 2000
Réponse : B. Le référendum du 28 octobre 1962 a instauré l'élection au suffrage universel direct. 1958 est l'année de la Constitution, 2000 celle du passage au quinquennat.
2. Quelle est la durée du mandat présidentiel ?
- 4 ans
- 5 ans
- 6 ans
- 7 ans
Réponse : B. Cinq ans depuis le référendum de 2000, appliqué à partir de l'élection de 2002. Le mandat durait sept ans auparavant.
3. Qui nomme le Premier ministre ?
- L'Assemblée nationale
- Le Sénat
- Le Président de la République
- Le Conseil constitutionnel
Réponse : C. L'article 8 de la Constitution réserve cette décision au président, sans vote du Parlement. Les autres ministres sont ensuite nommés sur proposition du Premier ministre.
4. Qui peut dissoudre l'Assemblée nationale ?
- Le Premier ministre
- Le Président de la République
- Le président du Sénat
- Le Conseil des ministres
Réponse : B. L'article 12 confie ce pouvoir au seul président, après consultation du Premier ministre et des présidents des deux assemblées. Le Sénat, lui, ne peut jamais être dissous.
5. Quelle est la résidence officielle du Président de la République ?
- L'hôtel Matignon
- Le Palais Bourbon
- Le palais de l'Élysée
- Le palais du Luxembourg
Réponse : C. L'Élysée, à Paris. Matignon est la résidence du Premier ministre, le Palais Bourbon abrite l'Assemblée nationale et le palais du Luxembourg le Sénat.
Questions fréquentes
Depuis quand le Président de la République est-il élu au suffrage universel direct ?
Depuis la révision constitutionnelle approuvée par le référendum du 28 octobre 1962. La première élection présidentielle au suffrage universel direct de la Ve République a eu lieu en décembre 1965. Avant 1962, le chef de l'État était désigné par un collège restreint d'élus.
Un président peut-il faire plus de deux mandats ?
L'article 6 de la Constitution interdit d'exercer plus de deux mandats consécutifs. La limite porte sur l'enchaînement, pas sur le total d'une vie politique : un ancien président qui a laissé passer un mandat pourrait de nouveau se présenter.
Qui nomme le Premier ministre ?
Le Président de la République, seul, en application de l'article 8 de la Constitution. Il nomme ensuite les autres membres du gouvernement, mais sur proposition du Premier ministre. Le Parlement ne vote pas cette nomination.
Où réside le Président de la République ?
Au palais de l'Élysée, rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris. C'est la résidence officielle du chef de l'État depuis 1848 et le lieu où se tient le conseil des ministres.
Ces règles font partie du programme de l'examen civique, obligatoire depuis le 1er janvier 2026 pour la première carte de séjour pluriannuelle, la carte de résident et la naturalisation. L'épreuve compte 40 questions à choix multiples en 45 minutes, dont 28 questions de connaissance et 12 mises en situation, avec un seuil de réussite fixé à 32 bonnes réponses sur 40. Le meilleur moyen de retenir les articles de la Constitution reste de répondre à des séries de questions posées comme à l'examen, par exemple sur PassCitoyen.
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